Flash Story n°2 : Un nouvel ami inattendu

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Le repas était terminé, la nuit était tombé depuis déjà une bonne heure. Le petit garçon demanda s’il pouvait quitter la table. Après que ses parents acquiescèrent, il descendit de sa chaise en emportant son assiette en direction de la cuisine. Il passa devant la poubelle sans en vider le contenu puis reprit discrètement le couloir pour atteindre la porte avant de la maison. Là, il s’assit sur la dernière marche du petit escalier du perron puis attendit. Un bruissement de feuilles attira son attention. De l’autre côté de la clôture de la maison, les buissons oscillaient de gauche à droite quand d’un seul coup, une petite silhouette en sortit. C’était un petit chien. Le portillon était entrouvert, le petit animal y passa le museau pour l’ouvrir d’avantage et avança vers le jeune garçon. Il remuait la queue, tout content de le retrouver. Les deux jeunes amis pratiquaient ce rituel depuis un petit moment. Le chien qui arborait un pelage brun et noir s’asseya devant lui, la langue tombante, le garçon lui tendit une des boulettes de viande qu’il avait gardé dans son assiette non parce qu’il n’avait plus faim mais parce qu’il savait que quelqu’un d’autre avait besoin de manger. Les morceaux de viandes furent engloutis d’une traite. Une fois son repas terminé, le chien donna une petite lèche sur la main de son compagnon, lui se pencha et mit sa tête contre la sienne. Tous deux se fixèrent amicalement les yeux dans les yeux. Chacun se releva, le petit chien commença à partir puis se retourna, le jeune garçon lui fit un signe de la main et rentra dans sa maison. Le petit chien, lui, disparut dans l’obscurité des buissons.

Pascal Campion – One more meatball supper for you

Le lendemain soir, le rituel recommençait, le petit garçon s’assit alors sur la dernière marche et attendit son ami. Il attendit et attendit encore, mais ce soir là, c’était bien plus long que d’habitude, le petit chien n’apparaissait pas. Il continua les jours suivant à venir s’asseoir devant la maison, mais toujours rien, toujours personne, le petit animal ne venait pas. La tristesse commença à l’envahir, il se sentit abandonné par son ami, son meilleur ami. Mais gardant une once d’espoir en lui, il continuait leur petite routine qu’eux seuls connaissaient. Les jours passant, il attendait de moins en moins longtemps. Il affichait une mine complètement défaite, un visage fermé, il traînait des pieds et ne finissait plus ses assiettes, non qu’il veuillent en garder pour son ami mais plutôt à cause d’un appétit en chute libre.

Cela faisait maintenant quinze jours qu’il n’avait plus vu son ami à quatre pattes. Il sortait encore sur le perron, mais ne s’asseyait pas, il surveillait brièvement les buissons puis rentrait et montait dans sa chambre. Sa fenêtre était légèrement ouverte, et alors qu’il essayait de se concentrer à lire un livre, il entendit un bruissement de feuilles. Il regarda par sa fenêtre qui donnait sur les buissons en face du perron et vit effectivement bouger les buissons. Il n’en fallu pas plus, il descendit les escaliers en courant, passa récupérer une assiette avec des boulettes dans le réfrigérateur et sortit sur le perron. Il s’assit comme à son habitude sur la troisième marche et attendit. Une ombre commença à se distinguer des buissons. Elle était plus grosse que la silhouette qu’il connaissait. Il ne savait plus trop quoi penser, alors il recula un peu, se mettant dos à la porte, la poignée en main, prêt à rentrer au moindre danger. La silhouette à quatre pattes avançait doucement jusqu’au portillon qui était entrouvert. Là, l’animal passa son gros museau pour l’ouvrir. Il avança vers le garçon tout en remuant la queue puis se posa sur son arrière train juste devant les marches avec une longue langue pendante. L’animal, d’un blanc immaculé, faisait deux fois la taille de son ami disparu, pourtant sa façon d’être était similaire à ce dernier. L’enfant était complètement décontenancé. Malgré tout il revint s’assoir sur la troisième marche et tendit une boulette à l’animal. Celle-ci fut englouti d’un coup. Lorsqu’il eut fini son repas, l’animal donna une petite lèche sur la main du petit garçon. Ensuite, il baissa la tête comme pour lui dire de venir poser son front contre le sien, ce que le garçon fit aussitôt.

Un sourire éclaira le visage du petit garçon, puis il se leva, le chien commença à partir et à mi-chemin, il se retourna. Mais avant qu’ils ne se quittent, la porte grinça derrière le petit. C’était ses parents.

— Dit à ton ami de rentrer à la maison, lui lança son père.

La joie illumina son visage et d’un signe de la main, le jeune homme invita son ami à le suivre et tous deux rentrèrent à la maison ensemble.

ceci n’est qu’une libre interprétation de ce que cette image m’inspire.

Illustration : Pascal Campion

Texte : Reym

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